La difficulté de la discipline à l’école tient à l’institution qui attend « de l’école qu’elle préserve l’ordre, le perpétue mais que dans le même temps, elle éveille le citoyen, respecte l’enfant en lui permettant de se construire lui-même. »
Principes
L’autodiscipline :
La discipline, c’est qui ?
La discipline, pour qui ?
Le respect de la discipline…
… la discipline du respect
La discipline est compréhensible.
La discipline ne donne jamais le sentiment d’être rejeté. Au contraire, on sent au travers de cette discipline, l‘éducateur avec soi, à ses côtés pour se construire.
Bien que la discipline s’applique à tous, elle s’adapte aux particularités de chacun.
Eduquer, c’est avant tout tenir compte de la personnalité de celui que l’on éduque, ne pas le comprimer ni le couler dans un moule.
Comprendre les penchants de chacun, ce qu’il n’aime ou n’aime pas, et autant que possible s’y adapter avec le groupe, peut contribuer à limiter l’apparition de tensions inutiles. Pourquoi créer des tensions à cause de détails ? Il ne sert à rien d’essayer de tout régenter.
La discipline, comment ?
La cohérence
Le dialogue
Pour Célestin Freinet, la discipline est nécessaire, légitime parce qu’elle organise et permet le travail.
Invariant n°22 : L’ordre et la discipline sont nécessaire en classe.
On croit trop souvent que les techniques Freinet s’accommodent volontiers d’un manque anarchique d’organisation, et que l’expression libre est synonyme de licence et de laisser aller.
La réalité est exactement contraire : une classe complexe, qui doit pratiquer simultanément des techniques diverses, et où on essaie d’éviter la brutale autorité, a besoin de beaucoup plus d’ordre et de discipline qu’une classe traditionnelle où manuels et leçons sont l’essentiel outillage.
Mais il ne saurait s’agir là de cet ordre formel qui se traduit, tant que le maître surveille, par du silence et des bras croisés. Nous avons besoin d’un ordre profond, inséré dans le comportement et le travail des élèves ; d’une véritable technique de vie motivée et voulue par les usagers eux-mêmes.
Ce ne sont pas là des mots, mais des réalités possibles dans toutes les classes qui s’orienteront vers le travail nouveau. L’ordre et la discipline de l’école moderne, c’est l’organisation du travail.
Pratiquez les techniques modernes pour le travail vivant, les enfants se disciplineront d’eux-mêmes parce qu’ils veulent travailler et progresser selon des règles qui leur sont propres.
Vous aurez alors dans vos classes l’ordre véritable.
C’est le travail librement consenti et ardemment souhaité qui permet le miracle d’un groupe autodiscipliné, entièrement tourné vers la réussite de ses entreprises. Pour Freinet, la discipline est intimement liée au travail. L’éducateur s’employant à organiser un environnement propre à présenter de riches possibilités de travail justifiées et enthousiasmantes n’aura plus à s’inquiéter de faire régner l’ordre par une discipline répressive mais il devra veiller à maintenir une cohésion dans son organisation matérielle et à répondre aux questionnements et aux attentes des enfants afin que l’autodiscipline, inhérente à tout groupe s’organisant dans son activité, soit possible.
Cela passe par la communication. En pédagogie Freinet, il s’agit de conjuguer collectivement des dynamiques individuelles. Le conseil traduit le mieux cette dynamique en constituant un lieu où viennent s’affronter, à la recherche d’un consensus, des désirs individuels. Il fonctionne comme une boîte noire qui recompose l’individuel en produisant un projet collectif sur la base d’un contrat à durée déterminée.
La pédagogie institutionnelle
- la distinction entre lois et règles
- la nécessité de définir les lieux en posant des limites,
- la notion d’institution,
- le danger de la relation duelle.
A utiliser dans le cadre d’une volonté de pratique autogestionnaire où les enfants ont la possibilité de transformer les règles proposées par l’adulte, la finalité de l’action étant la pacification ou l’émancipation.
Inculquer la citoyenneté relève da la pacification. Aider un groupe coopérateur à se former en tant que collectif d’individus humains à travers la réalisation de projets communs et un questionnement permanent sur leurs relations, cela relève de l’émancipation.
-Le feu tricolore
- Feu vert : on peut parler librement
- Feu orange : on chuchote
- Feu rouge : personne ne parle, pas même les adultes
- Feu bleu : seuls les personnes responsables de l’activité ont la parole
- Feu jaune : seule peut parler la personne qui dirige le temps de parole et il est interdit de se déplacer.
-Les points rouges
- l’avertissement (équivalent de la critique avec appel à témoins)
- le rappel simple
- le rappel en réunion de coop (au bout de 3 rappels simples pendant la semaine)
- le gros rappel
- la prise en charge par le maître
-Lois de la classe
- On est là pour travailler
- On ne se moque pas
- Celui qui sait aide les autres sauf en cas de brevets
- On respecte les autres et leurs affaires et les affaires de la classe
- On ne frappe pas les copains
Il faut faire vivre ces lois, s’y référer. Elles sont invariables, applicables à tous, l’adulte en étant le garant. Le moment du conseil est important dans l’acceptation des lois par les enfants car il offre la possibilité à chacun de renouer avec la discipline. A présenter dès les premiers jours de l’année. Réunion hebdomadaire géré par les enfants.
Il peut y avoir des réunions de conseil extraordinaire en cas de situation extraordinaire.
Organiser sa classe de façon très rigoureuse (notamment pour des enfants dont c’est la première année en classe coopérative) : penser les temps, les lieux… La mise en place de règles claires, négociées, négociable selon les types d’activités effectuées en classe seront elles-mêmes facteur de discipline. Respecter les besoins des enfants (besoin de sécurité, besoin de reconnaissance, besoin de prise de pouvoir par les métiers, les projets…)