• Au cours de ma première année en C. P., j’ai enseigné la lecture avec une méthode de lecture syllabique assez stricte, c’est à dire que la part du décodage était très importante. Mes élèves ont donc appris à lire comme on déchiffre une partition. J’étais conquise ! Les résultats ont été rapides, les élèves « lisaient » de plus en plus vite, de plus en plus de sons. J’ai donc passé mon année, comblée, à enchaîner les phonèmes dans une routine sécurisante.

     

    Le réveil a été brutal, lorsque j’ai retrouvé ces mêmes élèves au C. E. 1 avec de nouvelles attentes : compréhension, étude de la langue, production d’écrits… La catastrophe.

     

    De nombreux élèves n’arrivaient pas à entrer dans l’orthographe, ni la grammaire, ni la conjugaison. Je leur avais martelé, pendant un an que l’écriture était faite de sons. Pour eux, « gè » et « j’ai » étaient la même chose. Impossible pour eux de saisir la différence. Pourquoi ajouter, à la fin d’un mot, un S qui ne s’entend pas ?

     

    « Gè troi cha », m’écrivaient-ils avec fierté. En comment leur en vouloir, puisqu’en CP je leur demandais d’écrire la syllabe « cha » et me satisfaisait du résultat.

     

    En compréhension, le constat était aussi atterrant. Les élèves lisaient rapidement, sans se soucier du sens. La plupart étaient capables de comprendre ce qu’ils lisaient mais, ils ne cherchaient pas à le faire. Les yeux parcouraient les phrases, les sons sortaient, c’est tout ce que je leur avais demandé jusqu’à présent. Tous les adultes autour étaient satisfaits de cette compétence en « solfège ». Je leur avais « caché » le véritable objectif de la lecture puisqu’à aucun moment je ne l’avais réellement mis en évidence.

     

    Je me suis donc acharnée, pendant cette année de C. E. 1, à corriger mes erreurs et à donner de nouvelles habitudes à mes élèves. Il est évident que cela à été long et pénible, pour moi comme pour eux et que cette méthode, même si on a l’impression que les élèves progressent vite, n’est pas la plus efficace…


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  • Tous les jours, les nouveaux C. P. écrivent des textes dans leur cahier jaune. Sur une double page, ils font un dessin (côté blanc) et une histoire (côté seyes).

     

    Mes C. P. commencent souvent par le dessin. Je passe les voir pour les aider à écrire leur texte. Pour le premier texte, j’écris quasiment tout en dictée à l’adulte. Petit à petit, je laisse des trous dans le texte pour qu’ils écrivent seuls les mots qu’ils connaissent ou qu’ils peuvent trouver facilement. Rapidement, ils se sont mis à écrire tout seul et à venir me demander quelques mots.

     

    Chaque semaine, un texte est choisi pour servir de référent : il est affiché dans la classe et collé dans le cahier de vie.

     

    Le premier de l’année était : Le chevalier est gentil.

     

    Pour s’approprier le texte, on le travaille collectivement :

     

    - On le récite en pointant les mots.

    - Je demande aux élèves de me montrer le mot « chevalier ».

    - « Quel est ce mot ? »

    - « Écrivez sur votre ardoise le mot « est » ».

    - Je fais varier le texte avec les mots qu’ils connaissent déjà, par exemple ici, les mots de la classe :

    « Noé est gentil. », « Nathan est gentil. »… Ce qui permet, dans la foulée, de remarquer que « gentil » est masculin et que, pour une fille, on dit « gentille ».

    - Je donne à chaque élève les étiquettes de chaque mot.

    - Je prépare des exercices de réinvestissement ...


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  •  

    Un texte libre par semaine est choisi par les élèves pour « le toilettage » : lecture, analyse, modification...

     

    En ce tout début de C. P., deux textes libres nous servent de textes référents :

     

    « Le chevalier est gentil. »

     

    « Le prince et la princesse lisent des livres. »

     

     Après avoir travaillé collectivement ces textes, les élèves ont des exercices à faire en autonomie, sur le cahier du jour. En voici quelques exemples:

     

    • Savoir reconnaître les mots dans les trois graphies :
    • Une technique de méthode naturelle : l’exploitation de textes libres.

    • Transcrire d'une graphie à l'autre
    • Une technique de méthode naturelle : l’exploitation de textes libres.

    • Retrouver les mots dans les textes.
    • Une technique de méthode naturelle : l’exploitation de textes libres.

    • Lire des mots (et dessiner à côté)
    • Une technique de méthode naturelle : l’exploitation de textes libres.

    • Lire de nouvelles phrases (et coller la bonne image)
    • Une technique de méthode naturelle : l’exploitation de textes libres.

    • Produire de nouvelles phrases avec les étiquettes des mots des textes et les prénoms de la classe.

    • Recopier le texte à partir d'un modèle en cursive ou en script...

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  • Deux fois par semaine, j’écris un texte au tableau. Je ne donne aucune indication sur celui-ci, c’est aux élèves de le découvrir. Le premier texte étudié cette année était notre premier compte-rendu de Quoi de neuf. Les élèves me l’avaient dicté la veille :

     

    Noé nous a présenté un livre sur les pompiers.

    Ils vont sauver des gens.

     

    Les élèves passent au tableau chacun leur tour pour montrer un mot qu’ils connaissent. J’entoure le mot trouvé. Ici, ils reconnaissent facilement :

    - Noé

    - « des » et « livres » qui sont dans le texte n°2

    - « a », « sur » et « ils » qu’ils arrivent à décoder

     

    A ce stade, ils ont compris que le texte parlait du livre que Noé avait présenté. Ils trouvent les autres mots par tâtonnement :

    - « présenté » car ils se souviennent de l’avoir utilisé et qu’il commence par « pr » comme « prince » et « princesse ».

    - « pompier » leur est également familier puisque beaucoup apprécie ce mot.

     

    Les autres mots sont trouvé rapidement car il n’y a plus beaucoup de « trous ». Ils s’appuient souvent sur l’initiale du mot :

     

    Noé n… a présenté u. livre sur l.. pompiers.

    Ils v… s….. des g… .

     

    Les élèves s’entre-aident en s’appuyant sur les différentes compétences de chacun. Une fois le texte totalement déchiffré, je procède avec eux comme pour l’étude collective de texte libre, pour m’assurer qu’ils ne font pas que de le réciter.

     

    Chaque semaine, nous étudions ainsi un compte-rendu de quoi de neuf et un passage d’un album étudié en classe.


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  • Cette année, j'ai consacré une grande partie de mes séances de géométrie aux créations.

    La consigne? Faire un dessin géométrique.

    Voici quelques productions d'élèves:

    Créations géométriques en CE1/CE2

    Créations géométriques en CE1/CE2Créations géométriques en CE1/CE2

     

     

     

     

     

     

     

    Créations géométriques en CE1/CE2

    Toutes les deux semaines, en demi classe, les élèves avaient quelques minutes pour réaliser une création. Suite à quoi, les élèves volontaires exposaient leur création au tableau. Nous étudiions les créations une à une. 

    "Est-ce que c'est un dessin géométrique? Pourquoi?"

    La description du dessin exige un vocabulaire géométrique précis, que je donnais aux élèves lorsqu'ils en avaient besoin: segment, quadrilatère, diagonale...

    Lorsque c'était nécessaire, un élève venait au tableau mesurer les segments ou vérifier si les angles étaient bien droits parce que "des fois, ça ressemble à un rectangle mais c'en n'est pas vraiment".

     

    La semaine suivante, les élèves avaient à faire, en autonomie, des exercices de réinvestissement sur nos discussions autour des créations:

    Créations géométriques en CE1/CE2

    Créations géométriques en CE1/CE2Créations géométriques en CE1/CE2Créations géométriques en CE1/CE2

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Au cours des créations, les élèves apprennent à se servir des instruments de géométrie avec soin. Toutes les notions du programme sont balayées naturellement car elles sont nécessaires à l'étude des différents dessins.


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